Carl and the Passions – "So Tough"
Carl and the Passions – "So Tough" est le dix-huitième album du groupe américain The Beach Boys. Il est sorti en 1972 sur le label Brother Records.
| Sortie | 15 mai 1972 |
|---|---|
| Enregistré | 4 décembre 1971 – 13 avril 1972 studios Beach Boys (en), Sunset Sound, Village (en), Sound City (Los Angeles) |
| Durée | 34:26 |
| Genre | rock, rhythm and blues |
| Producteur | The Beach Boys |
| Label | Brother / Reprise |
| Classement |
25e (Royaume-Uni) 50e (États-Unis) |
Albums de The Beach Boys
Singles
- You Need a Mess of Help to Stand Alone (en)
Sortie : 15 mai 1972 - Marcella (en)
Sortie : 26 juin 1972
Il voit l'arrivée au sein du groupe du bassiste Blondie Chaplin et du batteur Ricky Fataar et le départ de Bruce Johnston. Plus orienté blues et rock que les albums précédents des Beach Boys, il reçoit un accueil mitigé à sa sortie. Les deux singles qui en sont tirés ne se classent pas dans les hit-parades.
Histoire
modifierContexte
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En , Carl Wilson assiste à un concert du groupe sud-africain The Flames (en) à Londres. Impressionné, il invite le groupe aux États-Unis pour signer un contrat avec Brother Records, le label des Beach Boys[1]. Le premier album des Flames, The Flame, produit par Carl Wilson, est publié en ; c'est le seul album qui ne soit pas des Beach Boys à être sorti sous l'étiquette Brother Records[2]. Les Flames font la première partie des concerts des Beach Boys en 1970-1971[3]. Leur batteur, Ricky Fataar, remplace Dennis Wilson sur scène lorsque celui-ci n'est pas en mesure de jouer à cause d'une blessure à la main[4].
Le deuxième album des Beach Boys chez Reprise Records, Surf's Up, sort en . Bien accueilli par la critique, il se classe dans le top 40 des ventes aux États-Unis et au Royaume-Uni[5].
Enregistrement
modifierLes séances d'enregistrement de Carl and the Passions – "So Tough" prennent place du au [6]. Ricky Fataar et Blondie Chaplin, le guitariste des Flames, y participent et sont officiellement présentés comme membres à part entière des Beach Boys lors d'une conférence de presse à Londres le [7]. Le guitariste Bruce Johnston, membre du groupe depuis 1965, le quitte au mois d'avril en raison de différences créatives[8].
Durant les séances, le groupe est scindé entre plusieurs factions : Carl Wilson travaille avec Chaplin et Fataar, Mike Love avec Al Jardine et Denis Wilson avec Daryl Dragon (en), claviériste qui accompagne les Beach Boys sur scène depuis 1967[9]. De son côté, Brian Wilson passe le plus clair de son temps avec l'auteur-compositeur Tandyn Almer (en) et ne participe presque pas à l'enregistrement de l'album[10],[11]. Il n'apparaît que sur les trois chansons dont il est le co-auteur, You Need a Mess of Help to Stand Alone (en), He Come Down et Marcella (en).
Le titre de l'album serait une référence à un groupe formé au lycée par Brian Wilson avec Mike Love et un autre ami[12]. D'après Brian, il aurait baptisé ce groupe « Carl and the Passions » afin d'inciter son frère aîné Carl à le rejoindre[13], mais ce dernier affirme qu'il n'a jamais existé[12].
Parution et accueil
modifier| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic[14] | |
| The Village Voice[15] | C+ |
Carl and the Passions - "So Tough" est publié le sous la forme d'un double album qui comprend également Pet Sounds, paru à l'origine en 1966 chez Capitol Records, pour le même prix qu'un simple[16],[17]. Il se classe no 50 des ventes aux États-Unis, mais les deux singles qui en sont tirés, You Need a Mess of Help to Stand Alone et Marcella, ne se classent pas dans le hit-parade américain[18]. Au Royaume-Uni, l'album atteint la 25e place[16].
La critique réserve un accueil tiède à l'album[19]. Robert Christgau le décrit dans The Village Voice comme « assez agréable, mais même les meilleures chansons n'ont rien d'exceptionnel[15] ». Stephen Davis estime dans Rolling Stone que le manque d'implication de Brian Wilson nuit à l'album, dont il ne juge que quatre des huit chansons « acceptables[20]. Parmi les rares critiques enthousiastes, Cameron Crowe écrit dans le San Diego Door (en) que l'album contient des choses « excellentes » et compare favorablement Hold On Dear Brother au Band[21].
Les Beach Boys donnent une tournée européenne du au . Ils sont accompagnés sur scène par les guitaristes Ed Carter et Billy Hinsche et les claviéristes Daryl Dragon et Toni Tennille (en), ainsi que par une section de cuivres et deux percussionnistes supplémentaires[22]. Leurs setlists ne comprennent que deux chansons tirées de leur nouvel album, Here She Comes et You Need a Mess of Help to Stand Alone[23]. À la fin de la tournée, ils se rendent aux Pays-Bas pour y travailler sur leur prochain album, baptisé Holland[24].
Postérité
modifierCarl and the Passions - "So Tough" reste souvent considéré comme l'un des moins bons albums des Beach Boys. C'est déjà l'opinion de Josh Ingham dans sa rétrospective de la carrière du groupe parue dans le journal anglais NME en 1973[25]. John Bush pour AllMusic et Peter Doggett le jugent inférieur à ses prédécesseurs immédiats Sunflower et Surf's Up, malgré quelques passages d'une grande beauté[14],[26]. Les biographes du groupe John Tobler, Peter Ames Carlin et Jon Stebbins s'accordent à le trouver « trop peu réfléchi[27] », « stylistiquement éparpillé[28] » et « oubliable[29] ». Il bénéficie cependant de quelques admirateurs parmi les fans des Beach Boys, parmi lesquels Elton John, dont un commentaire élogieux figure dans le livret de la réédition CD parue en 2000, ou le groupe d'indie pop britannique Saint Etienne, dont le second album So Tough et la compilation You Need a Mess of Help to Stand Alone (en), tous deux sortis en 1993, doivent leurs titres à l'album et à la chanson des Beach Boys.
Caractéristiques artistiques
modifierTrois des huit chansons de l'album sont coécrites par Brian Wilson : You Need a Mess of Help to Stand Alone (en) (avec Jack Rieley (en)), He Come Down (avec Mike Love et Al Jardine) et Marcella (en) (avec Rieley et Tandyn Almer (en)). La dernière est une ode à une employée du Circus Maximus, un salon de massage de Los Angeles qu'il fréquente[30]. You Need a Mess of Help to Stand Alone s'intitule à l'origine Beatrice from Baltimore, jusqu'à ce que Rieley en retravaille les paroles[31],[32]. He Come Down est un morceau d'inspiration gospel qui fait référence à Jésus-Christ, à Krishna et au Maharishi Mahesh Yogi, fondateur du mouvement de méditation transcendantale dont Love est un adepte. Les préceptes du Maharishi influencent également la chanson All This Is That, coécrite par Love, Jardine et Carl Wilson[19].
Les deux chansons coécrites par Dennis Wilson et Daryl Dragon (en), Make It Good et Cuddle Up, proviennent d'un projet abandonné d'album solo[33]. Ces deux ballades orchestrales détonnent au milieu d'un album au son très rhythm and blues[34]. Les deux chansons apportées par Ricky Fataar et Blondie Chaplin, Here She Comes et Hold On Dear Brother, s'inscrivent résolument dans cette veine, avec un piano à la Traffic et des harmonies vocales à la Crosby, Stills and Nash[35],[36].
Plusieurs chansons supplémentaires sont enregistrés pendant les séances, mais écartés de l'album final. Oh Sweet Something, Out in the Country, Spark in the Dark, Rooftop Harry, Body Talk (Grease Job) et un medley de Gimme Some Lovin' / I Need Your Love sont finalement publiés en 2022 dans le coffret Sail On Sailor – 1972 (en). Une composition de Bruce Johnston baptisée Ten Years Harmony voit le jour en 1980 sous une forme retravaillée et le titre Endless Harmony sur l'album Keepin' the Summer Alive[35].
Fiche technique
modifierChansons
modifier| Face 1 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 1. | You Need a Mess of Help to Stand Alone (en) | Brian Wilson, Jack Rieley (en) | 3:27 | ||||||
| 2. | Here She Comes | Ricky Fataar, Blondie Chaplin | 5:10 | ||||||
| 3. | He Come Down | Al Jardine, Brian Wilson, Mike Love | 4:41 | ||||||
| 4. | Marcella (en) | Brian Wilson, Tandyn Almer (en), Jack Rieley | 3:54 | ||||||
| Face 2 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 5. | Hold On Dear Brother | Ricky Fataar, Blondie Chaplin | 4:43 | ||||||
| 6. | Make It Good | Dennis Wilson, Daryl Dragon (en) | 2:36 | ||||||
| 7. | All This Is That | Al Jardine, Carl Wilson, Mike Love | 4:00 | ||||||
| 8. | Cuddle Up | Dennis Wilson, Daryl Dragon | 4:43 | ||||||
Musiciens
modifierThe Beach Boys
modifier- Blondie Chaplin : chant (2, 5), harmonies vocales (2, 5), chœurs (3, 5, 8), guitare électrique (2), guitare acoustique (2, 5), guitare slide (2), basse (3, 5, 7), percussions (3)
- Ricky Fataar : chant (2), harmonies vocales (2, 5), chœurs (5), batterie (tout sauf 6 et 8), tambourin (1), cabasa (2, 7), castagnettes (4), orgue Hammond (2)
- Al Jardine : chant (7), harmonies vocales (7), chœurs (1, 3, 4), percussions (3)
- Bruce Johnston : chœurs (4)
- Mike Love : chant (3, 4), harmonies vocales (7), chœurs (1, 3, 4, 7), percussions (3), piano bastringue (1), orgue Hammond (1, 3, 4), piano à queue (3, 4), piano électrique Wurlitzer (4), Moog (4), vibraphone (4), percussions (3)
- Carl Wilson : chant (1, 3, 4, 7), harmonies vocales (5, 7), chœurs (1, 3, 4, 5, 7), guitare électrique (1, 3, 4), guitare acoustique (4, 5, 8), basse (2), piano électrique Wurlitzer (7), Rocksichord (7), piano droit (7), percussions (3)
- Dennis Wilson : chant (6, 8), chœurs (4, 6, 8), piano à queue (6), orgue Hammond (8), Moog (6)
Musiciens supplémentaires
modifier- Tandyn Almer (en) : basse (1), autoharpe (4) bass guitar (1), autoharpes (4)
- Alex Del Zoppo : piano droit (2, 5)
- Daryl Dragon (en) : piano à queue (8), arrangements orchestraux (6, 8)
- Billy Hinsche : chœurs, guitare électrique (1), guitare acoustique (5)
- Stephens LaFever : basse (6, 8)
- Gordon Marron : violon électrique (1)
- Tony Martin Jr. : pedal steel guitar (4)
- Red Rhodes (en) : pedal steel guitar (5)
- Jack Rieley (en) : chœurs (4)
- Toni Tennille (en) : chœurs (8)
- Bonnie Douglas, Assa Drori, Irving Geller, Alfred Lustgarten, Leonard Malarsky, Jay Rosen, Nathan Ross, Sheldon Sanov, Leonard Selic, Spiro Stamos, Dorothy Wade, Shari Zippert : violon (6, 8)
- Norman Botnick, David Burk, Joseph Reilich, David Schwartz : alto (6, 8)
- Nathan Gershman, JoAnn Johannsen, Jan Kelley, Victor Sazer : violoncelle (6, 8)
- Jim Hughart, Richard F. Kelley Sr., Meyer Rubin : contrebasse (6, 8)
- Frank Capp : tympanon (6, 8)
- Barbara Carlson, Vincent DeRosa, David Duke, George Hyde : cor d'harmonie (6)
- Chuck Findley, Ollie Mitchell (en) : trompette (6)
- Dick Hyde (en) : trombone basse (6)
- Lew McCreary : trombone (6)
Équipe de production
modifier- The Beach Boys : production
- Steve Moffitt : ingénieur du son
- Ed Thrasher (en) : direction artistique
- Dave Willardson (en) : pochette
Classements et certifications
modifier| Pays (classement) | Meilleure position |
|---|---|
| 50 | |
| 25 |
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Carl and the Passions – "So Tough" » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Badman 2004, p. 249-250.
- ↑ Badman 2004, p. 266, 272.
- ↑ Badman 2004, p. 278–282, 284–285, 288.
- ↑ Badman 2004, p. 296.
- ↑ Badman 2004, p. 297-298.
- ↑ Badman 2004, p. 301, 307.
- ↑ Badman 2004, p. 305.
- ↑ Badman 2004, p. 308.
- ↑ Carlin 2006, p. 174.
- ↑ Gaines 1986, p. 249.
- ↑ Badman 2004, p. 321.
- 1 2 Leaf 1978, p. 18.
- ↑ (en) Will Hodgkinson, « Soundtrack of my life: Brian Wilson », sur The Guardian, (consulté le ).
- 1 2 (en) John Bush, « Carl and the Passions - "So Tough" - The Beach Boys », sur AllMusic (consulté le ).
- 1 2 (en) Robert Christgau, « Beach Boys », sur Robert Christgau (consulté le ).
- 1 2 Badman 2004, p. 311.
- ↑ Tobler 1978, p. 31, 65.
- ↑ Badman 2004, p. 311, 320.
- 1 2 Dillon 2012, p. 209.
- ↑ (en) Stephen Davis, « The Beach Boys: Carl And The Passions: So Tough », Rolling Stone, (lire en ligne).
- ↑ (en) Cameron Crowe, « Review: The Beach Boys – Carl and the Passions-So Tough », The San Diego Door, (lire en ligne).
- ↑ Badman 2004, p. 309.
- ↑ Badman 2004, p. 313, 316.
- ↑ Badman 2004, p. 316.
- ↑ (en) Josh Ingham, « The Beach Boys #2: The Exiles Return », NME, .
- ↑ Doggett 1997a, p. 101.
- ↑ Tobler 1978, p. 65.
- ↑ Carlin 2006, p. 174–175.
- ↑ Stebbins 2000, p. 116.
- ↑ Gaines 1986, p. 248.
- ↑ Carlin 2006, p. 173.
- ↑ Leaf 1978, p. 149.
- ↑ Badman 2004, p. 283, 307.
- ↑ Doggett 1997b, p. 166.
- 1 2 Badman 2004, p. 307.
- ↑ Dillon 2012, p. 208.
- ↑ (en) « The Beach Boys », sur Billboard (consulté le ).
- ↑ (en) « Beach Boys », sur Official Charts Company (consulté le ).
Bibliographie
modifier- (en) Keith Badman, The Beach Boys : The Definitive Diary of America's Greatest Band, on Stage and in the Studio, Backbeat Books, (ISBN 978-0-87930-818-6).
- (en) Peter Ames Carlin, Catch a Wave : The Rise, Fall, and Redemption of the Beach Boys' Brian Wilson, Rodale, (ISBN 978-1-59486-320-2).
- (en) Mark Dillon, Fifty Sides of the Beach Boys : The Songs That Tell Their Story, ECW Press, (ISBN 978-1-77090-198-8).
- (en) Peter Doggett, « Hold On Dear Brother : The Beach Boys Without Brian Wilson », dans Kingsley Abbott (dir.), Back to the Beach : A Brian Wilson and the Beach Boys Reader, Helter Skelter, 1997a (ISBN 978-1900924023).
- (en) Peter Doggett, « Holy Man and Slow Booze : Dennis Wilson », dans Kingsley Abbott (dir.), Back to the Beach : A Brian Wilson and the Beach Boys Reader, Helter Skelter, 1997b (ISBN 978-1900924023).
- (en) Peter Gaines, Heroes and Villains : The True Story of The Beach Boys, Da Capo Press, (ISBN 0306806479).
- (en) David Leaf, The Beach Boys and the California Myth, Grosset & Dunlap, (ISBN 978-0-448-14626-3).
- (en) Jon Stebbins, Dennis Wilson : The Real Beach Boy, ECW Press, (ISBN 978-1-55022-404-7).
- (en) John Tobler, The Beach Boys, Chartwell Books, (ISBN 0890091749).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :